• Vraie fausse interview 7 : Thierry Henry

    Un Cayenne aux vitres teintées s'arrête à notre hauteur. La porte arrière s'ouvre. Au volant, Thierry Henry qui porte des lunettes noires nous ordonne de monter très rapidement. Nous nous exécutons. Aussitôt la porte refermée, l'attaquant de l'équipe de France démarre sur des chapeaux de roue. Nous parcourons plusieurs kilomètres dans le silence. Enfin, Thierry Henry, d'une voix très basse, nous rappelle la règle que nous devons respecter pendant cette interview. A aucun moment nous ne devons parler de sa main contre l'Irlande. Nous opinons du chef comme de bons élèves. Thierry Henry semble se détendre. L'interview peut commencer...

     

    ONEDF ! : Comment ça va, Thierry ? Tu as l'air un peu stress ces derniers temps...

     

    Thierry Henry : Ouh, non, non, non, pas du tout. Au contraire je suis super zen depuis qu'ils ont décidé de me ménager à Barcelone. (Thierry Henry n'est plus titulaire de l'équipe espagnole depuis plusieurs mois)

     

    ONEDF ! : Ménager ?... Tu veux dire que Guardiola en ne te titularisant pas a voulu te préserver pour la coupe du monde ?

     

    Thierry Henry : Tu sais, lui et moi, on est super potes. On mange pas ensemble mais c'est tout comme, enfin, je veux dire, il me comprend et je me comprends et c'est ça qui compte, hein. Qu'on soit sur ma longueur d'ondes. Et dans mon regard, il a lu que je voulais me reposer avant la coupe du monde et il a fait en sorte ce que j'ai voulu. Je te le dis, un type comme ça c'est de la crème mélangé à de la compote.

     

    ONEDF ! : Justement, comme tu joues pas, tu fais quoi de tes journées ?

     

    Thierry Henry : Bin, tu sais, je suis quand même un professionnel. Je fais les entraînements comme les autres, sauf que je cours pas (j'ai une dérogation de mon papa). Après, pendant les matchs, bin, je regarde mes buts. J'en ai quand même claqué à sacré paquet, putain.

     

    ONEDF ! : C'est vrai. Tu es le meilleur buteur de l'équipe de France (« de tous les temps » ajoute Thierry). Cependant, ces derniers temps, on a l'impression que la machine s'est...

     

    Thierry Henry : Oups attendez !

     

    L'attaquant gare sa voiture à côté d'une Audi A8 puis nous invite à descendre. Avec sa télécommande, Thierry verrouille les portes du Cayenne puis avec une autre ouvre celles de l'Audi A8. « Vite, montez ! » crie t-il. Perplexes, nous obéissons. Jetant des coups d'œil à droite et à gauche, Thierry nous rejoint dans le véhicule. Nouveau démarrage en trombe.

     

    ONEDF ! : Euh, Thierry... Tu n'es pas en train de devenir parano...

     

    Thierry Henry : Oh non, pas du tout. Mais depuis vous savez quoi, j'ai intérêt à surveiller mes arrières.

     

    ONEDF ! : Tu n'es tout de même pas un trafiquant de drogues.

     

    Thierry Henry : Parfois je me le demande... Je veux dire, je me sens comme lui, aux aguets, et je commence à comprendre sa condition. Le trafiquant de drogues, il est pas respecté à sa juste valeur. Il a peut-être pas marqué plein de buts en équipe de France mais il mérite le respect comme moi avant que je fasse ma connerie en Irlande. Y'a pas photo.

     

    ONEDF ! : Quand même tu exagères. Les gens ne t'en veulent pas à ce point.

     

    Thierry Henry : Moi, je vais te dire, dans cette affaire, j'ai vu la vérité, comment se comporte l'être humain en général, et elle pas belle à voir, l'être humain est méchant et carnivore. Et j'vais te dire encore, tu me demandes de refaire ce que j'ai fait, bin, là non, je signe pas. Je préfère pas aller au mondial plutôt que de subir ce que j'ai souffert. J'ai failli pas aller à mon nouveau tournage de Gilette le lendemain tellement j'en étais malade. Heureusement qu'ils ont doublé le cachet sinon je venais pas, je te jure.

     

    ONEDF ! : On comprend ta peine et on la partage, mais maintenant la page est tournée. Le mondial d'Afrique du Sud se profile. Comment sens-tu cette équipe de France ?

     

    Thierry Henry : Moué, moué, toi tu dis que la page est tournée, que tu compatis et patati et patata, seulement t'es pas à ma place... Si je te louais mon cœur ne serait-ce qu'une heure, là oui tu comprendrais, là oui, tu sentirais ma douleur. Et encore, il faudrait que tu ais marqué autant de buts que moi mais ça c'est pas possible vu que je suis le seul dans l'histoire de France à avoir accompli cet exploit.

     

    ONEDF ! : Au final alors, tu souhaites qu'on en reparle...

     

    Thierry Henry : De quoi ?

     

    ONEDF ! : Bin de ta main contre l'Irlande...

     

    Thierry Henry pile : Ah, vous êtes bien tous les mêmes chacaux, les journaleux ! Dégagez de ma voiture, bande d'enflures avant que je vous botte le cul en lucarne !

     

    Désarçonnés, nous sortons tandis que Thierry Henry change pour une troisième fois de voiture.

     

    Interview réalisée par Pedro Montgomery et Hugues de la Crêpe


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