• Qui sera le héros ?

    Le football est marrant. Au fur et à mesure que le temps passe, on a l'impression d'assister à des suites de superproductions hollywoodiennes. Comme les Rocky ou Star Wars. Prenez par exemple la finale de ce soir : France-Italie. On doit en être au moins à la dixième ou quinzième édition. Cette fois-ci, après la défaite en coupe du monde 98 et celle cruelle de l'euro 2000, ce sont les italiens qui ne sont pas contents et revanchards. Ils sont un peu dans la peau du héros looser alcoolique et moche à qui on donne une ultime chance de briller sans vraiment y croire. « Tiens enfile ces vieux gants, coco et essaie de tenir le plus de temps que tu peux ». Pourtant, dans l'histoire, coco surprend tout le monde et en premier lieu son adversaire. Ses coups font mal et son jeu de jambes ressemble à celui d'un danseur. Le minable se transforme et devient sous les feux ébahis des projecteurs un winner.

    Pour nous, pareil scénario serait évidemment désastreux. Nous en tomberions à genoux avec l'horrible sensation d'avoir un pieu planté dans le cœur. En même temps, nous pourrions nous consoler en nous disant que ça devait être au tour de la France d'être le méchant. Qu'au fond c'est normal et dans l'ordre des choses. L'Italie avait l'œil du tigre, la France pas. A la prochaine coupe du monde, ça changera. On peut sortir la tête du four et couper le gaz. Il y aura d'autres fins de coupes du monde plus heureuses.

    Oui, on peut se dire cela, se contenter de cette lamentable explication et puis retourner à sa morne vie cafardeuse.

    Mais on peut se dire aussi tout autre chose avant de baisser les armes. Et si la France était la gentille dans l'histoire ? Après tout, ne disait-on pas d'elle qu'elle n'avait aucune chance au début ? Que Zidane et consorts étaient vieux ? Qu'ils jouaient comme des brêles ? Que chaque tour serait le derche pour eux ?

    Aujourd'hui, portée par un Zidane magistral, féérique et flamboyant l'équipe de France peut gagner sa deuxième coupe du monde. Elle le mérite plus que l'Italie qui en a déjà remporté trois auparavant. Les 23 joueurs qui la composent le savent : de loosers, ils peuvent se métamorphoser en winners. C'est l'occasion ou jamais. Pour leur bonheur mais aussi pour celui de tout un peuple. Et aussi pour rendre immortelle cette formidable devise, la leur : « Prendre une douche ensemble avec un seul gel douche, ça rassemble ».

     

    Peter Smash de « Vive le Sport »

     


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