• Lettre à Frédéric Thiriez, président de Fédération Française de Football

    Monsieur Frédéric Thiriez,

    Si je m'adresse à vous aujourd'hui c'est que je suis désespéré. Je me présente François Smith. Je travaille au Monoprix de Malakoff, je réapprovisionne les rayons et gagne le SMIC. Ma passion : l'Equipe de France ! OK, elle est loin de faire rêver mais moi je la kiffe. J'ai tous les maillots des joueurs de l'équipe de France depuis 2000. J'adore dormir avec celui de Govou, j'ignore si il est fait avec les mêmes matières que les autres (je ne crois pas à ce que disent les étiquettes) mais il est plus doux que les autres. J'ai presque envie de sucer mon pouce quand je le porte, c'est dire ! Et pourtant Govou n'est pas le joueur que je préfère. Moi, c'est Abidal ! On est injuste avec lui, tout ça parce qu'il fait des bourdes. Moi, personnellement, je n'ai jamais vu un joueur aussi bien remplir un couloir. Il a la classe. Même quand il commet une toile. Toile qui donne souvent un but à l'adversaire ! Vous en connaissez beaucoup des arrières qui font des toiles qui offrent des buts à l'adversaire ?! Moi, je dis non, moi je dis Abidal est un grand seigneur. Et je dis aussi qu'en agissant ainsi, il veut réveiller le formidable potentiel de l'équipe de France !

    Mais venons-en au but de ma lettre : Pour posséder tous ces maillots et supporter l'équipe de France au SDF, je me suis endetté. Lourdement endetté (j'ai pris des crédits à la Sofinco, Cegetel etc...). il faut dire que ce n'est pas donné d'aller supporter l'équipe de France ! Il faut avoir le compte en banque d'un cadre supérieur si on n'a pas internet ou le temps d'aller chercher son billet avant tout le monde. Ainsi, j'ai souvent payé mes places minimum 80 euros, sauf pour France-Autriche mais il n'y avait pas d'enjeu. Dernièrement, j'avais promis à mon neveu, Raphaël, 9 ans, d'aller voir le match France-Irlande le 18 novembre. Manque de bol, en un jour, toutes les places abordables étaient vendues. Il ne restait plus que des billets à 80 euros et des brouettes. Endetté jusqu'au cou, je suis dans l'incapacité d'acheter ne serait-ce qu'un billet. Si cela avait été le cas, je l'aurais pris pour mon neveu, l'aurais accompagné au stade et attendu à l'extérieur jusqu'à la fin du match en mangeant une merguez-frites.  Je vais devoir lui annoncer que nous regarderons le match à la télé. Son travail scolaire va sans aucun doute s'en ressentir. Lui qui ramait déjà. Tant pis. J'imagine que le public de ce match du 18 novembre sera costard-cravate. Pendant que l'équipe de France se battra avec ses tripes pour la qualif, ils seront tous à leurs portables à négocier je ne sais quel contrat faramineux. Et nous, les vrais supporters seront comme des cons devant la télé.

    Vous savez, si vous aviez installé des gradins à l'extérieur du stade avec des hauts parleurs émettant les sons du match (bruits des shoots sur le cuir du ballon), j'aurais été prêt à dépenser cinq euros pour une place. J'aime être proche de l'équipe de France. Je pense que mon neveu en aurait été aussi comblé. Quand on est enfant quelques miettes de rêve sont inestimables. C'est une idée comme ça, en passant.

    Voilà monsieur Thiriez, je vous ai fait part de mon désarroi et ça m'a fait du bien. Pour consoler mon neveu, j'envisage de lui offrir mon maillot de Toulalan. Il va nager dedans mais je pense que ça va lui faire plaisir. C'est une bonne idée, non ?

    François Smith

     


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