• Les galactiques

    A notre époque frileuse et apeurée, il est de bon ton de s'indigner des actes de bravoure de certains hommes hors normes. Les pleurnichards sont innombrables et ne manquent jamais une occasion de manifester leur jalousie et leur rancœur. Incapables de donner chair à leurs rêves, de forger de leurs propres mains leur ballon de football, ils se recroquevillent dans la critique facile et hargneuse. Tel joueur magnifique touche un salaire à la hauteur de son talent, ils vous parlent de smic. Tel autre, grâce à l'esthétique de ses aisselles, fait une pub pour un déodorant qui lui permettra d'avoir une meilleure retraite, ils avancent que le produit détruit la couche d'ozone. Tel club investit des millions pour bâtir du sublime et de l'impérissable, ils vous parlent de surendettement, de crise et de chômage. Si seulement, ne serait-ce qu'une seconde, ils pouvaient voir avec les yeux d'un visionnaire, ils réviseraient sans aucun doute leurs jugements précipités et s'inclineraient. Florentino Perez fait partie de ces êtres d'exception qui voient plus loin que l'horizon qu'il a bétonné avec raffinement. On a beaucoup discouru sur la mégalomanie de l'homme, son désir insatiable de puissance. Mais sans ces qualités, l'homme volerait-il à l'heure actuelle ? Posséderait-il des avions, des bateaux, des rollers skates et des yoyos clignotants ? Mangerait-il ces succulents sandwichs au fromage et au steak haché bio en écoutant des nouvelles de l'autre bout du monde ou des pubs pour déodorant sur son Ipod ? Cela parait peu probable. Pareillement, on s'est beaucoup moqué du « projet galactiques » de Florentino Perez. Certains esprits particulièrement pernicieux ont prétendu que l'homme voulait bâtir une équipe qui volait. On aurait pu leurs rétorquer que si tel avait été le cas, jamais aucune équipe n'aurait eu la possibilité de rencontrer le Real de Madrid ou alors en dirigeable ouh, ouh. Plus généralement, on a accusé à tort Florentino Perez de construire son équipe sur l'artifice de grands noms. Les noms de Zidane, Ronaldo, Figo, Bekham devaient donner l'illusion d'un grand Real Madrid. Si cela avait été le cas, un homme de l'envergure de Florentino Perez ne se serait jamais lancé dans cette aventure. L'homme ne voyait pas seulement les noms, il voyait les grands joueurs mais aussi encore plus loin que ça. S'il n'est pas parvenu avec sa première équipe de galactiques à réaliser pleinement son projet, il espère bien y parvenir avec la deuxième. C. Ronaldo, Kaka ou encore Benzema ont le talent et les moyens de hisser le Real Madrid à des sommets encore jamais atteints : abolir la tactique. Jusqu'à présent aucune équipe digne de ce nom n'est arrivée à jouer sans schéma. Le real « galactiques » seconde version a cette ambition insensée, majestueuse. « Je rêve » disait Florentino Perez lors de la présentation de C. Ronaldo sous ses nouvelles couleurs « d'un jour où ni l'amateur de football ni le journaliste sportif ne pourront pérorer pendant des heures sur la façon de jouer du Real Madrid. Je rêve de leur profond silence et de leur profond respect. Je rêve de leur hochement complice de tête, signifiant : bah, c'est le Real ». Souhaitons, pour la légende du football, que le désir de ce grand homme devienne réalité.

    Hugues de La Crêpe de Vive le Sport.


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