• Le spectre de 2002

    Nous avons tous nos démons. Enfant, ces démons ont l'apparence du grand méchant loup, de l'ogre affamé ou encore de la vilaine sorcière. Puis nous grandissons et suivant nos mauvaises expériences, leurs aspects changent et se diversifient. Il peut s'agir d'un pot de confiture aux pruneaux qu'une grand-mère acariâtre nous obligeait à ingurgiter à la grande cuillère, tout comme cela peut-être un inoffensif nain de jardin simplement parce que notre tyrannique et colérique patron en possède une quarantaine dans son bureau. En général, si nous avons le malheur de croiser sur notre chemin soit le pot de confiture aux pruneaux, soit le nain de jardin, soit les deux, nous perdons tous nos moyens. La personne insouciante et joviale qui était en nous se carapate laissant place à un être bredouillant et misérable. Nous ne sommes plus capables de rien faire, et si nous faisons quelque chose, nous le faisons mal. A mesure que nous nous emmêlons les pinceaux, le pot de confiture aux pruneaux et le nain de jardin grandissent et grossissent. Nous le savons, si nous ne parvenons pas à nous maîtriser, ils nous écraseront finalement de leur omniprésence.

    Après avoir vu le match France-Suisse, on peut légitimement se demander si l'équipe de France est parvenue à exorciser son démon, je veux bien sûr parler de la catastrophique coupe du monde de 2002. Ok, certains joueurs sont trop vieux et auraient mieux fait d'aller jouer à la pétanque à Marseille plutôt que de venir en Allemagne. De même, le coaching de Domenech est douteux, mais l'homme est douteux, il n'y a donc pas quoi s'étonner. Quant à la façon moribonde dont l'équipe se meut, elle peut émouvoir l'adversaire par certains côtés. Aussi, ces raisons ne suffisent pas à expliquer la pitoyable prestation de l'équipe de France contre la Suisse. Non, à l'heure actuelle et comme nous l'avons dit plus haut, une seule nous paraît évidente : Les joueurs de l'équipe de France ont peur. Se souvenant de leur calamiteux premier tour en Corée du sud, ils sont paralysés à l'idée de perdre les matchs qui se présentent à eux. Le spectre de 2002 les hante et les étreint. Ils ne sont plus capables ni de courir, ni de contrôler un ballon ou d'accomplir une touche. A leurs yeux, les joueurs adverses sont d'immenses pots de confiture aux pruneaux ou nains de jardin. De purs cauchemars riant à gorges déployées.

    Ce soir, contre la Corée du sud, l'équipe de France devra à nouveau faire face à son démon. On s'en doute, les pots de confitures aux pruneaux et nains de jardin referont leur apparition. Cela est clair, seule une volonté sans faille, une grande abnégation ainsi qu'un mental de guerrier sanguinaire permettront de les vaincre. Dans le cas contraire, l'équipe de France connaîtra une de ses pires humiliations (si ce n'est la pire) et rentrera à la maison, le short au niveau des chevilles. La phrase « jouer comme des bleus » n'aura alors jamais aussi bien exprimée sa signification.

    Peter Smash de « Vive le Sport ! »


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :