• France-Roumanie

    Egal à lui-même, Raymond Domenech est apparu dans le stade éblouissant. Vêtu d'un costume Gorgio Armani sur mesure (d'une valeur de 5350 euros) dont les tons pastels évoquaient à la fois la détermination, l'engagement et la paix dans le monde, il a défilé dans son carré d'entraîneur avec la majesté d'une Noémi Campbel au summun de son art. Sa cravate, assortie à la pelouse et aux lignes du terrain n'a pas dévié de son axe comme l'exigent les règles de la mode et du savoir vivre. Lunettes Yves-Saint-Laurent au bout du nez (il fallait oser ! Raymond ne peut s'empêcher d'être subversif, tout en ne perdant pas son équilibre esthétique sur le fil périlleux du bon goût, c'est sa marque, sa Domenech touch !), il a exhibé sa nouvelle coupe de cheveux poivre et sel et ses mains fraîchement manucurées tout en sveltesse et velouté. Comparé à lui, son homologue roumain dont le nom est imprononçable paraissait terne, mal fagoté, campagnard. Costume anodin, souliers abominables, cravate vulgaire et nerveuse (nous n'osons imaginer le montant ridicule de l'ensemble vendu sans doute dans un C&A roumain construit à la va-vite dans la zone commerciale désaffectée d'un trou perdu), l'homme a tout de suite compris qu'il ne faisait pas le poids avec notre sélectionneur top model, que plusieurs systèmes solaires les séparait cruellement. Par quelques déhanchés maladroits et comiques, il a néanmoins tenté de rivaliser, sans grand succès. Un bernard lermitte peut-il se mesurer à un cygne qui déploie ses ailes magnifiques sous le soleil couchant ? Sentant qu'il ne faisait que s'humilier, l'homme est très vite allé « se terrer » sur le banc des remplaçants, n'osant plus fixer que le bout de ses chaussures incroyablement mulières.

    Bref, cette rencontre a été une promenade de santé pour Raymond Domenech qui n'a même pas eu besoin de sortir le grand jeu. Deux demi-tours et une esquisse de déhanché auront suffi à mettre la Roumanie à terre. A la fin de la partie, lorsque nous avons demandé à Raymond s'il était satisfait de cette éclatante victoire, l'homme a froncé les sourcils puis fixé l'horizon des vestiaires dans lesquels ses hommes se congratulaient bruyamment. « Je préfère penser à la Serbie » a t-il répondu avant de tracer sa route avec énergie et grâce. Quand on possède à ce point le goût de la compétition, que peut franchement craindre la France ?


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