• Critique de "Voyage d'Hiver" d'Amelie Nothomb, par Ribery

    Franck Ribéry adore lire. Et quand pour un match ses collègues emportent dans leur sac de sport leur vêtements de soirée pour la troisième mi-temps, il n'est pas rare, que lui, ramène quelques livres anciens qu'il vient de dénicher dans une brocante. Ainsi qu'un Larousse, deux Lagarde et Michard, un Bescherelle et un sauciflard des montagnes qui ne le quittent jamais. Pour OH NON ENCORE DU FOOT, il met à parti cette connaissance étendue de la littérature pour nous livrer une analyse éclairée de ses dernières lectures.

    J'ai, comme tout le monde, du mal avec un auteur imposé par des campagnes de promotion, qui, il faut l'admettre, sont souvent inversement proportionnelles à la qualité des œuvres qu'elles désirent mettre en avant. Si Amélie Nothomb, est le dernier avatar de ce genre d'auteur, j'ai décidé de faire fi de cet a priori malheureusement justifié pour donner une chance à l'Art de s'exprimer malgré les obstacles que dressent sur son chemin les agents commerciaux télévisuels de tout bord.

    « Le Voyage d'Hiver » d'Amélie Nothomb, est avant tout un beau livre. Dans le sens artisanal du terme. Une couverture en carton épais. Une couleur plaisante. Des pages épaisses, faites du meilleur papier. Et une photo de couverture de l'auteur qui la met grandement en valeur. Cela peut paraitre futile, mais il ne faut pas négliger l'importance de l'objet livre en tant que tel. Trop de livres par ailleurs bien écrits, sont de qualité manufacturière tellement honteuse, qu'ils font dans une bibliothèque, le même effet étrange que j'expérimentais lors d'un match amical en 2008 : J'étais sur le terrain contre l'Argentine depuis 15 minutes, quand je vois ce trou de taupe sur le terrain de foot. Un stade de 40 000 places! Et cette taupe là. Cette trace de la nature chaotique au milieu de la perfection verte de la pelouse. J'ai du me faire remplacer.

    C'est donc un beau livre. D'ailleurs la photo est tellement belle que j'ai cru qu'elle figurait Greta Garbo, la grande Garbo d'Anna Karénine. Ce n'était qu'Amélie Nothomb. Maquillée, en noir et blanc et, je le soupçonne, retouchée par une équipe de 7000 programmeurs-graphistes. Le résultat était agréable à l'œil, et aurait parfaitement convenu a une de ces groupies dénudées qui viennent nous attendre à la chambre d'hôtel après le match.

    Le contenu du livre, lui, n'est pas à la hauteur de l'emballage. Prétention culturelle, personnages caricaturaux dans leur dandysme, et un style qui a été forcé dans ses retranchements et porte encore les ecchymoses bleuâtres de cette violence subie.

    L'histoire, qui se veut celle d'un amour impossible entre un employé d'EDF nommé Zoïle et Astrolabe, secrétaire d'une écrivaine autiste, ne va pas plus loin dans l'originalité que les patronymes dont Nothomb affuble ses protagonistes. Et se résout, comme il se doit depuis le 11 septembre, dans un attentat programmé impliquant un avion de ligne et la tour Eiffel.

    Franchement, je préfère encore quand, dans les vestiaires, Henry nous bassine en détaillant par le menu ses plans culs du week-end. Ce que nous perdons en délicatesse Nothombienne, est payé au centuple par la vigueur communicative et les précisions anatomiques d'Henry.

    A ne lire qu'en cas d'une crise aigue de manque littéraire, si on n'a pas d'inscription de paquet de céréales sous la main. Mais fera tout de même un bel objet dans votre bibliothèque. En résumé ce livre est comme le rond central du terrain: C'est joli, en 30 sec on a finit de l'utiliser et ca ne sert à rien.

     


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