• Déjà, naître avec un tel prénom n'est pas facile. Combien de Raymond ont réussi dans la vie ? A ma connaissance, à part le célèbre Bidochon, aucun. Et encore, ce dernier est un héros de bande dessinée. Peut-on réellement le compter parmi les gagnants de l'existence ? Tous les Raymond que j'ai connu ont lamentablement échoué, finissant dans l'alcool et dans l'oubli de leurs contemporains. Comme si une malédiction planait sur ce prénom depuis la nuit des temps. Avec courage et fermeté, Domenech a surmonté cette tare. A la tête de l'équipe de France depuis maintenant 5 ans, il a redonné de l'espoir aux Raymond qui ne croyaient plus en eux, leur a fait sortir la tête du nœud coulant. Ok, il n'a pas fait grand chose pour le football français. Une finale pourrie au mondial allemand 2006 puis plus rien, l'obscurité, le néant. Mais cela a t-il de l'importance comparé à l'envie de vivre qu'il a transmis à ses presque frères ? C'est vrai, Raymond (n'ayons pas peur de prononcer son prénom), n'y entrave que dalle en tactique. Mais qui comprend réellement quelque chose à cette abstruse matière ? Beaucoup en parlent sur un ton doctoral mais dans leurs yeux troublés se lit leurs lacunes et incertitudes. En faisant n'importe quoi, Raymond se met à la hauteur du supporter moyen et c'est tout à son honneur. Ainsi, non seulement les Raymond peuvent penser qu'ils pourraient tout aussi bien être à sa place, mais aussi les Robert, les René, les François et allons-y pendant que nous y sommes, même les Jean-Jacques !... Et puis les temps ont changé. De nos jours, on n'attend plus les mêmes choses d'un sélectionneur que dix ans auparavant. Les résultats sont secondaires. Aimé Jacquet avait une énorme pression en 1998, Raymond Domenech n'en a plus. D'où sa décontraction pendant les interviews qu'on prend à tort pour de l'arrogance. Décontraction qui est le fruit d'un long et pénible travail sur soi. Car aujourd'hui, on attend d'un sélectionneur qu'il soit cool et beau. Et Raymond l'est pleinement. Dans les deux catégories. D'ailleurs si on examine ses confrères, qui lui arrive à la cheville ? Marcello Lippi à la limite mais il est vieux. Et aussi José Mourinho mais il n'est pas encore sélectionneur. Ainsi, tant au niveau de la plastique que de la coolitude, Raymond Domenech est au top ! Dans le milieu ne l'appelle t-on pas d'ailleurs (avec parfois un soupçon de jalousie dans la voix) la Claudia Schiffer du football ? Oui, la France peut être fière d'avoir un tel sélectionneur à la tête de son équipe. Elle le mérite et possède encore une certaine marge avant que les autres nations parviennent à un tel niveau d'esthétisme et de classe ! (sauf si David Beckham est nommé sélectionneur).

    L'autre fois, un ami m'a raconté avoir vu Raymond Domenech sur un Vélib gare Montparnasse. Il s'était immobilisé sur le trottoir, subjugué par la beauté séraphique de l'homme, bouclettes grisonnantes au vent et z'yeux pétillants. « Un pur moment de grâce » m'avait-il dit, la voix tremblante d'émotion.


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  • Cela faisait plusieurs nuits que je dormais mal. En effet, une question de la plus haute importance me tiraillait depuis que le championnat de ligue 1 2009-2010 avait débuté. Le PSG allait-il être aussi drôle que les saisons précédentes ? Et si c'était le cas, allait-il être capable de se renouveler en perdant originalement ou en réussissant des matchs nuls ultra bidons. Pour en avoir le cœur net, je décidai d'aller voir la première rencontre du PSG au parc des princes contre le Mans. Tous les ingrédients étaient réunis pour une grosse poilade à la hauteur d'un spectacle de Bigard : match à domicile, équipe adverse moyenne sans stars, résultat naze de la rencontre précédente (match nul pourrave), polémique sur le nouveau maillot du PSG, etc... Guilleret, j'allais donc sautillant comme un écolier à la rentrée des classes au Parc des Princes muni de mon billet à 35 euros et confiant en la vie et l'être humain en général. Chaleur estivale, petites nanas sexys aux alentours du stade, tas de types portant le même maillot et ayant le même nom, fiers comme des hamsters de combat (Sessegnon, Hoarau, Makélélé...), je le sens, il va y avoir du spectacle. Je m'installe entre un touriste anglais et un abonné gros et suintant. La sono hurle du Mickaël Jackson et je fixe le ciel resplendissant, lisse comme le visage refait du chanteur mort, l'air grave, une main sur le cœur en hommage. Puis je me tourne vers l'abonné, m'apprêtant à lui demander quel sorte de gag hilarant le PSG nous prépare (pensez-vous qu'ils vont marquer contre leur camp sur une remise de la touche ?). Voyant le visage fermé à double tours de l'homme, je m'abstiens. Ce gars-là n'est pas venu pour rire. Et je ne peux dialoguer avec le touriste anglais qui ne connaît rien aux spécificités du PSG et donc ne me comprendrait pas. Tant pis. Le coup d'envoi est donné. Les premiers échanges de ballons sont bredouillants. Les joueurs du PSG dominent fébrilement. Parfois, quelques esquisses de toile sont exécutées comme de subtiles mises en bouche (notamment en défense). Il y a une volonté de mal faire, d'élaborer collectivement et crescendo un truc foireux. Deux-trois attaques vaines puis arrive la vingtième minute. Le Mans marque. Consternation dans les tribunes (le public lui aussi serait-il de la partie ?). Puis Colère. L'entraîneur du Mans profite de l'arrêt de jeu pour refaire un point tactique avec ses joueurs et leur filer à boire. Dans leur partie du terrain, les joueurs du PSG ne se parlent ni ne se regardent. Ils ont l'air abandonnés et hagards, seuls et flottants dans un mercato incertain. Je commence à penser que mon billet vaut bien les 35 euros que j'ai dépensé (à faire remboursable par la CQ pour les dépressifs). Ces joueurs sont tellement imprégnés de leur rôle que je serai prêt à abattre les plus désespérés. Derrière moi, certains supporters imaginent déjà l'ampleur de la défaite et de l'humiliation.  D'autres font même des calculs pour le maintien en championnat. J'adore ! Et attends avec impatience le but casquette qui hélas ne viendra pas. A la trentre-troisième minute, le PSG égalisera puis prendra le large en seconde mi-temps. Coupet sauvera même son équipe par deux fois. Je quitte le stade avant la fin du match avec les déçus du spectacle et du résultat. 3-1 tout de même, c'est too much ! Qu'ont-ils cherché à prouver ? A donner du rêve ? Pourquoi faire ? Franchement, s'ils voulaient me revoir, ils avaient intérêt à très vite se ressaisir ! J'étais limite à m'abonner, moi. Il n'y a que les rabat-joie pour penser que seule compte la victoire...


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